baudelaire

4ème de couverture: En 1841, Charles Baudelaire a vingt ans. Pressé par ses proches et notamment son beau-père, il entame un voyage pour découvrir les Indes. Les raisons de cet incroyable et périlleux parcours, sont plus nombreuses et plus obscures qu’il n’y paraît.
Après neuf mois d’aventure, il en revient l’année suivante, deux mois à peine avant sa majorité. La seule certitude concernant ce périple est l’influence sur la vie du poète et son œuvre. Cette parenthèse à vingt ans marquera l’écriture des Fleurs du mal bien sûr, Les petits poèmes en prose et ses choix de vie. Aussi jeune, il n’en mesure pas encore la portée. Au-delà de l’inspiration, il élaborera un mythe qu’il déformera à sa convenance.
Les biographes et admirateurs décrivent ce voyage vers les Indes avec plus ou moins d’exactitude, cédant souvent au chauvinisme et à la volonté de briller sous les lumières du chef-d’œuvre et de son génie. On en oublierait l’héritage oral qui existe bel et bien et qui se montre très utile pour compléter et rendre cohérente l’histoire de ce voyage.

Mon avis: J'ai choisi ce livre lors de la Masse Critique chez Babelio. J'ai été attirée par le fait que ce soit un récit biographique d'une partie de la vie de Baudelaire que je méconnaissait. 

La lecture est fluide, le texte est ponctué de poèmes de Baudelaire et d'extraits de lettres. On visualise très bien le lien entre son vécu durant ce voyage et ses écrits.

Mon passage préféré est celui où l'on assiste à la scène qui a inspiré "L'Albatros". J'ai fait un plongeon dans mes souvenirs, ce cours de français où j'ai lu pour la première fois Baudelaire.

"Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."

C'est beau. 

Je vous conseille ce livre qui est par ailleurs très bien documenté. 

petit bac 2020

 

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1A babelio